Pourquoi un festival de la radio et de l’écoute à Brest ?

Archives 1er Festival Longueur d’ondes // 2003


Projet pour un festival de la radio et de l’écoute

Pourquoi un festival de la radio et de l’écoute à Brest ? ” Nés avec la radio “, nous avons connu la libération des ondes du début des années 1980, les espoirs que cet appel d’air avait fait naître ; les déceptions aussi, face à une bande FM devenant au fil des ans de plus en plus uniforme et à une sous-utilisation de ce média comme prise de parole ou moyen de création. C’est dans ces années-là aussi que nous avions déjà sauté le pas, animant sur Fréquence Mutine Heures séculaires et instantanées. Et depuis quelques années, le service public de Radio France nous permet de créer des émissions sur France Culture pour Surpris par la Nuit ou le Monde en soi. Un festival de la radio parce que cela n’existe pas encore. Cela peut d’ailleurs paraître incongru, pour plusieurs raisons : la radio ne serait qu’un media trop évident, l’écouter ne consisterait qu’à entendre distraitement une chanson ou les informations du matin. Pour nous la radio est autre chose : elle s’écoute dans la durée, elle est créatrice de formes ; loin des robinets à musique ou à infos, elle est exigeante et multiple, par la variété de ses formats (documentaires, reportages, directs, dramatiques, formes courtes), par le moment (le, jour, la nuit, la saison, le temps qu’il fait dehors). La radio n’est pas une télé sans image ; elle tente de dire de façon bien plus subtile le monde, sa poésie, son étrangeté, sa proximité.

Pourquoi un festival ? parce que nous souhaiterions entretenir et faire partager cette vision de la radio, défendre et promouvoir une certaine conception de la création radiophonique. Cette création existe et pas uniquement sur le service public : dans toute le France, des radios associatives vivent ou survivent et tentent de continuer d’être des lieux de création et des acteurs de la démocratie locale. Deux jours d’un premier festival : pour faire se rencontrer ces gens, pour écouter des émissions qui ont été diffusées trop confidentiellement. Deux jours pour faire parler des professionnels (producteurs, techniciens, réalisateurs) de leurs métiers, les bénévoles qui donnent de leur temps pour animer des radios associatives, le public brestois qui profiterait d’une écoute partagée. Très concrètement,il s’agirait de convier le public à s’installer dans une salle pour écouter des productions radiophoniques, à la manière d’une séance de cinéma.

Pourquoi à Brest ? Certes il y a l’attachement à une ville et une région où plusieurs d’entre nous sont nés et continuent de vivre aujourd’hui. Une ville où continue d’émettre depuis plus de 20 ans la radio Fréquence Mutine qui pourrait être associée étroitement à notre projet. Une ville où, en plus des radios nationales et d’une antenne locale de France Bleu particulièrement écoutée, existe aussi depuis peu une radio universitaire. Un terrain favorable donc, dans une agglomération de plus de 200 000 habitants, où le succès du Quartz témoigne de la curiosité culturelle de la population. Une ville qui chaque année prouve, par son Festival du Film Court, qu’il est possible de réussir ce type de rencontre au bout de la Bretagne.